Pour son deuxième court-métrage, Sergio Da Costa interroge son père sur son propre passé et son enfance. Il traverse avec lui les divers époques de sa vie. Lui, qui en 1979, immigra du Portugal vers la Suisse pour y travailler. Le jeune cinéaste utilise une construction en trois parties : dans la première, le père est interviewé en plan fixe par le biais d’une caméra subjective qui nous met à la place du fils ; dans la seconde, il revient sur le passé d’un père qui devient peu à peu personnage documentaire ; dans la troisième, l’homme déambule dans la maison qui sert de lieu de tournage. Ce bâtiment, qui semble être en rénovation, symbolise la personnalité même de son fils, se cherchant à travers ses yeux et ses paroles. Sergio Da Costa devient au fil du film un individu indépendant, qui se libère de la tutelle paternelle. Voici tout son projet : gagner sa liberté en transformant son père en personnage documentaire. La relation père/fils disparaît pour être remplacée par une relation sujet filmé/cinéaste. Un dispositif touchant et d’une grande intelligence.